Les propriétaires des moulins
Le moulin à farine, plus tard celui à huile, le canal, étaient la propriété des seigneurs de Corbère. Le dernier de cette lignée fût Léon de Vilar qui vendit, pour raisons financières, le 10 mars 1857, à la ville de Perpignan le ruisseau, différents prés et les moulins. L'acte de vente signé chez Maître Boluix fait part d'une transaction de 100.000fr.
Trente deux ans plus tard, le 27 juin 1889, la ville met aux enchères la vente du canal et des moulins. La vente est annulée faute d'offres.
Le 4 décembre de la même année, Jacques Salvat, garde vannier, se porte acquéreur du ruisseau et une association de propriétaires achète les moulins de Corbère les Cabanes. Il s'agit de Trinchet Joseph, Marius Pierre, Pixon Joseph, Pull André tous habitants de Corbère les Cabanes. L'acte de vente est établi par Maître Pares notaire à Perpignan. Le ruisseau est acheté 500fr et les moulins 22.000fr . Ces quatre associés auraient eu l'intention de transformer les moulins en caves vinicoles. Mais ces acquisitions discrètes, faites semble t-il en catimini, sont mal perçues dans la communauté villageoise des deux Corbère...
Le contenu partiel de l'acte de fermage du 24 octobre 1847
C'est le bail le plus instructif des deux ou trois archivés à la mairie de Corbère les Cabanes concernant les moulins.
Il est signé, chez Maître Ferriol notaire à Millas, par le bailleur Léon de Vilar capitaine d'artillerie et les preneurs, Jean Pierre et Joseph Labadie meuniers demeurant à Corbère. Le bail porte sur le ruisseau, les deux moulins et deux pièces de terre plantées d'aulnes et de peupliers. Ces dernières sont situées l'une à Vinça l'autre à Rodes. Suit le détail des outils et accessoires du moulin à huile.
Il y est indiqué que'' Les preneurs seront tenus de rendre les dits objets dans le même état à l'expiration du présent bail''. Mis à part les grosses pièces à la charge du bailleur, en cas de renouvellement,''tout autre frais à faire pour la mise en jeu de cette usine seront à la charge des preneurs''. Suit la description et l'estimation des trois meules et des objets et outils du moulin à farine.
En cas de désaccord durant le bail, chaque partie choisira un avocat du barreau de Perpignan.
Le montant du fermage est accepté pour huit années, pour la somme de 5250fr par an payable ''en or ou en argent en trois payement égaux de 1750fr'' de quatre mois en quatre mois.
Ce bail est enregistré le 5 novembre 1853 à Thuir.
Dans ce document incomplet n'est pas consignée la partie qui concerne le ruisseau et les deux pâtures plantées d'aulnes et de peupliers.
Les différents fermiers des moulins entre 1847 et 1887
Nous sont parvenus les différents fermiers et le montant des baux durant cette période de quarante ans. Les propriétaires des moulins ont été sur cette période, la famille de Vilar ( 1847-1857 ) et ensuite la ville de Perpignan.
- Jean Pierre Labadie de 1847 à 1852 : le bail concerne le ruisseau et le moulin à huile.
- Jean Pierre et Joseph Labadie son fils de 1853 jusqu'en 1857 : le bail concerne les deux moulins et le ruisseau.
- Labadie de 1857 à 1862 : montant du bail 3700fr par an pour les deux moulins.
- Sautes de 1862 à 1867 : montant du bail 5500fr par an pour les deux moulins.
- Labadie de 1867 à 1872 : montant du bail 2600fr par an. ( Sans connaître le contenu des derniers baux )
- Cerny de 1872 à 1877 : montant du bail 2700fr par an.
- Ricard de 1877 à 1882 : montant du bail 1500fr par an.
- Ricard de 1882 à 1887 : montant du bail 1500fr par an.
Nous ignorons leurs derniers successeurs ni les prédécesseurs de Jean Pierre Labadie en 1847 si ce ne sont Roig Ferriol en 1769 et Pierre Roig Busquet en 1797 qui sont notés comme meuniers dans les patentes de l'époque.