L'histoire du ruisseau de Corbère, n'est pas celle ''d'un long canal tranquille''
Si l'utilisation de l'eau a toujours fait l'objet de règles, aussi loin que nous permet la documentation, elles ont souvent fait l'objet de détournements, contestations ou violations de la part d'utilisateurs et tenanciers du ruisseau.
Ces différents se terminaient devant la justice. Cela entraînait la proclamation de règles nouvelles pour la gestion du ruisseau. Deux ou trois exemplaires des criées du XVIIIeme siècle sont encore dans les archives de la mairie de Corbère les Cabanes. Un document disponible fait part d'une quinzaine de criées entre 1699 et 1770. Les amendes et règles de la cruciale distribution de l'eau évoluaient régulièrement. Elles traduisent les tensions qui existaient entre les seigneurs de Corbère et les usagers du ruisseau.
Les criées du 15 mai 1706 comprennent 10 articles. Celles du 9 mai 1770 publiées les 17 et 27 du même mois comportent 14 articles consacrés au ruisseau.
Un autre document recense 29 procès de Xavier Clément de Boisembert (1681-1739) ou son épouse Thérèse (1694-1772) contre les utilisateurs du canal. Procès contre les propriétaires des terres d'Ille, de St Michel de Llotes, procès contre les consuls et syndics de Bouleternère, contre les consuls de Thuir, contre Jean Tarris, contre Hiacinthe Jacomet, contre Joseph Llech...etc etc...
La période post-révolutionnaire n'échappe pas aux mêmes difficultés. Une lettre datée du 3 aout 1808 est adressée au Ministre de l'intérieur par les frères François et Joseph Vilar d'Oms propriétaires du ruisseau. Elle a pour but de réviser à la hausse les amendes pour ''maintenir la police et le bon ordre'' sur le ruisseau. La commune de Corbère est victime de désordres et abus depuis des années, écrivent-ils. Les amendes de un et deux francs sont insuffisantes. Les rédacteurs sollicitent le Ministre pour qu'il porte à vingt et trente francs le montant des amendes.
Sources : archives de la mairie de Corbère les Cabanes